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lundi 21 octobre 2013

Billet hebdomadaire sur le Blog Défense de Jeune Afrique : GUERRE AU MALI : RETOUR SUR LE DRAME D'AGUELHOK


Combattant islamiste d'Ansar Eddine lors de la bataille de Kidal ; il est armé d'un fusil de précision SVD Dragunov avec lequel il harcèle les militaires retranchés dans le camp de la localité. Les islamistes et les irrédentistes du MNLA procèdent de même à Aguelhok, usant ainsi psychologiquement les défenseurs tout au long du siège tandis que s'amenuisent les chances qu'une colonne de secours rompe l'encerclement de la garnison... (Photographie extraite d'une vidéo de propagande islamiste via les réseaux sociaux)




  Le 24 janvier 2012 plusieurs dizaines de militaires maliens sont assassinés à Aguelhok. Durant presque une semaine, ils ont résisté aux assauts des rebelles islamistes et irrédentistes. Après maintes péripéties, à court de munitions, épuisés, ils déposent les armes. Pour l'exemple et pour venger leurs morts, certains éléments des insurgés se déchaînent alors contre les prisonniers, commettant un véritable crime de guerre. C'est cette histoire que je m'efforce de reconstituer à partir de témoignages et de compte-rendus (souvent contradictoires ou partisans) ici : 
http://www.jeuneafrique.com/Article_ARTJAWEB20131021190825_terrorisme-aqmi-dgse-armee-malienneguerre-au-mali-retour-sur-le-drame-d-aguelhok.html
Histoire qui démontre s'il en est des soldats, gardes nationaux et gendarmes maliens se sont battus, courageusement, début 2012, dans des conditions difficiles. 

Aujourd'hui, en dépit de toutes leurs faiblesses, les forces armées de Bamako alignent encore des militaires de valeur. Reste que les défis à relever sont considérables, dans un contexte sécuritaire fragile et que les militaires ne peuvent pas tout faire...

mardi 8 octobre 2013

Billet hebdomadaire sur le Blog Défense de Jeune Afrique : FORCES ARMEES TUNISIENNES, LA MENACE JIHADISTE


Avenue Habib Bourguiba lors de la Révolution des Jasmins. La nécessité de mettre en oeuvre une politique d' "approche globale" contre la subversion islamiste radicale se heurte à de nombreux obstacles. Le pouvoir politique a-t-il la volonté (et la capacité) à les contourner ou à les aplanir ? (Photo via Wikicommons)




  Le billet précédent évoquait l'histoire des forces armées tunisiennes durant la Guerre Froide. Cette seconde partie dresse un bref état des lieux de ce qu'il en est aujourd'hui, notamment face à la menace du terrorisme islamisme. Affronter ce péril est d'autant plus complexe que les troupes tunisiennes ne sont pas préparées à lutter contre un adversaire asymétrique. Par ailleurs, le syndrome "post-brutal" handicape les services de renseignements et de sécurité, pourtant cruciaux dans ce genre de guerre. Enfin, la discorde au sein de la société civile, les problèmes économiques, les atermoiements du gouvernement ne facilitent pas l'approche globale du problème islamiste radical. Sans cette approche, l'armée tunisienne n'obtiendra que des résultats - au mieux - médiocres.

jeudi 3 octobre 2013

Polémique : LES SENTINELLES DE L'AGORA


La Miotte de Belfort, tour des fortifications de Belfort, bombardée par les Prussiens lors du siège de la ville en 1870-1871 ; les ruines s'effondrent en 1873. La tour est relevée en 1875, détruite une fois de plus lors de la Première Guerre Mondiale et... reconstruite en 1947. (Photo : Adolphe Braun via Wikicommons)




  Si l'association "Les sentinelles de l'agora" n'avait pas été apolitique, leur manifeste n'aurait pas droit de cité (vieille expression militaire) ici. Je me considère comme farouchement Républicain. La polémique politique ne m'intéresse pas ; ses enjeux tiennent davantage des intérêts personnels que nationaux. En revanche, la qualité du dialogue (ou son absence) entre les autorités civiles et l'institution militaire m'apparaît comme très représentative de l'état de santé d'une démocratie et de la valeur du pouvoir régalien. Or, aujourd'hui, ce dialogue est, au mieux, difficile.

  Sans rentrer dans les détails, la situation est la suivante : un pouvoir politique dont les représentants - comme bien souvent - ne connaissent rien (ou pas grand chose) aux questions militaires, qui démantèlent morceau par morceau nos forces armées. Leur efficacité se maintient tant bien que mal, non pas du fait de décisions du pouvoir, mais grâce à la qualité et à l'abnégation des personnels.

  Caricaturons à dessein : à quoi sert désormais l'armée si ce n'est à améliorer temporairement la côte de popularité du Président dans les sondages à l'occasion d'une intervention extérieure ? Ou encore, à quoi sert-elle sinon constituer une réserve d'argent dans laquelle puiser sans trop de scrupules ?

  Que penser des réductions d'effectifs, notamment au sein des unités opérationnelles, de l'externalisation des tâches qui au bilan coûte très cher (le lamentable logiciel Louvois lié à cette logique en est une "magnifique" illustration) alors que dans le même temps, il existe un vaste scandale de la formation professionnelle ? Comme l'expliquait hier soir Elise Lucet : 26 milliards dédiés à la formation, mais seuls 13 % de cet argent va aux chômeurs ! A quoi s'ajoutent des fraudes et détournement considérables. Des millions d'euros, dont une partie qui proviennent de l'Etat, disparaissent ainsi. L'armée, elle, ne doit pas juste se serrer la ceinture : il lui faut vendre le pantalon.

  Incurie et impéritie ont des conséquences stratégiques, depuis des années. Le succès couronne l'intervention au Mali, mais il n'en cache que plus cruellement toutes les imperfections, toutes les lacunes qui doivent aux choix budgétaires. Dans deux ans, dans cinq ans et au-delà, les conséquences de ces politiques inconscientes se répercuteront plus encore. Et elles peuvent coûter très cher, pas juste économiquement, mais surtout humainement et moralement, pour le pays tout entier.

  Souligner les risques auxquels nous expose l'absence de clairvoyance des autorités politiques ne m'apparaît pas outrancier, contrairement à ce que dit un observateur renommé. En guise de commentaire du manifeste des "Sentinelles de l'agora", ce dernier cite Talleyrand : "Tout ce qui est exagéré est insignifiant." Je lui rétorque, que : "Les mécontents, ce sont des pauvres qui réfléchissent", du même Talleyrand...

  Au bilan, peu importe la couleur politique dès lors qu'elle flamboie pour la Démocratie française. Ce qui compte c'est le respect de nos forces armées et la détermination à leur donner moyens et effectifs pour accomplir des missions souvent difficiles. Par solidarité avec les militaires dont je suis proche ET parce que j'estime que ce manifeste décrit une triste réalité tout en étant une mise en garde pleine de bon sens, j'en relaie le contenu ici.


Le démantèlement de l'institution militaire


Le démantèlement de l’institution militaire arrive à son terme.

Infiniment plus que l’actuelle disette budgétaire, la fin de la guerre froide, les impératifs de l’Etat-providence et la volonté des « post modernes » d’en finir avec le « fracas des armes » ont été les abrasifs les plus puissants pour réduire, en moins d’un demi-siècle, l’armée française à l’état d'échantillon. La force militaire est passée, dans le silence et la dénégation, du statut d’institution régalienne majeure à celui d’une société de services que l’on rétribue à la tâche.


Le couronnement de cette efficace entreprise de démolition a été de placer la haute hiérarchie aux ordres d’une administration civile de défense qui prospère sans frein, au prétexte de recentrer les militaires sur leur cœur de métier. Le soldat, « ravalé à la fonction d’homme de peine de la République », est prié de verser son sang dans le silence et l’indifférence en se soumettant aux règles strictes d’un devoir d’Etat pourtant largement déserté par ceux censés le faire mettre en œuvre et le faire respecter.

Ce désastre consommé ne peut plus être confiné sous l’éteignoir d’un « devoir de réserve de la grande muette », caution hypocrite et confortable à la disposition de tous les habiles pour esquiver dans le confort de la chose publique leurs responsabilités envers la Nation.


Des fautes multiples :

C’est en effet une grande faute que de sacrifier le bras armé de la France au gré des idéologies de rencontre et de quelques embarras financiers.

C’est une faute en regard du monde tel qu’il s’organise et dont chacun sait qu’il réservera de fâcheuses surprises. L'absence actuelle de menace militaire majeure n’est qu’un simple moment de l’Histoire. Son calme apparent ne doit pas masquer les reconfigurations géopolitiques qui marginaliseront, pire élimineront sans pitié les nations au moral défaillant.

C’est une faute vis-à-vis de la sécurité des Français de faire ainsi disparaître un pilier majeur de la capacité de résilience du pays face à une éventuelle situation de chaos, dont nul ne peut préjuger le lieu, l’heure et la nature. Pour y faire face, seule une force armée peut et doit offrir les moyens suffisants, servis par des hommes et des femmes structurés par les valeurs puissantes du devoir et de l’obligation morale.

C’est une faute d’éliminer l’une des institutions « fabriques de liens » dont la France a un urgent besoin face à l’action déterminée de forces centrifuges, dont elle est coutumière, et mises généralement au service d’intérêts particuliers et communautaristes.


Il est donc plus que temps de rétablir la puissance et l’efficacité d’une institution d’Etat « pour le dedans comme pour le dehors » et de permettre à la France de se remettre à penser en termes de risques et de puissance stratégique. Elle en a les moyens. Elle doit le faire sans l’attendre d’une Europe, puissance inexistante, ou d’une soumission transatlantique délétère voire de plus en plus illusoire.


Que rétablir et comment ?

Les voies et moyens pour rétablir une institution, désormais comateuse, sont nombreux et divers. Ils n’attendent qu’une impulsion réparatrice, après des décennies de mesures irresponsables. Ils ne pourront, cependant, faire l’économie d’un certain nombre de dispositions, dont l’abandon ou le travestissement ne sont plus acceptables.

D’abord, un budget décent qui permette à nos soldats de disposer de l’entraînement et des équipements nécessaires, et au politique de s’engager sans le soutien déterminant des Etats-Unis, tout en évitant le stupide tout ou rien nucléaire.

Ensuite, des hommes et des femmes en nombre suffisant. Rien d’efficace et de durable ne peut se faire sans des effectifs capables de marquer dans la durée, sur et hors du territoire national, la volonté et la détermination de la Nation.

Avec, bien entendu, une organisation des forces parfaitement univoque, tout en faisant la répartition qui convient entre des professionnels en nombre suffisant et les citoyens en armes qui doivent impérativement revenir au centre de notre dispositif sécuritaire et identitaire.

Enfin, une répartition équilibrée, entre l’exécutif et le Parlement, des responsabilités qu’autorise la Constitution, laissant au militaire le devoir d’exercer librement son conseil, tout en administrant et mettant en œuvre les forces autrement que par le canal malsain d’une administration de défense d’autant plus intrusive qu’elle se sait irresponsable.


Autant de mesures indispensables qui seront déclinées, point par point, dans des documents à venir et dont les signataires du présent document demanderont, avec détermination et constance, la réalisation pour le bien public.


Il est grand temps de rénover et de renouveler le contrat de confiance de la République avec ses soldats.
S’il n’est pas trop tard, il devient urgent de lui redonner la vigueur indispensable sans qu’il soit besoin de recourir à des formes de représentation qui, bien qu’étrangères à notre culture militaire, pourraient s’avérer, un jour peut-être proche, le seul moyen pour nos soldats de
se faire entendre.


Les sentinelles de l’agora


mardi 1 octobre 2013

Revue de détails : LES FORCES ARMEES TUNISIENNES


Insigne des forces armées tunisiennes (Illustration : Wikicommons)




Ce billet est, en fait, double. D'une part, il présente la suite des travaux sur les forces armées tunisiennes, avec pour cette partie, l'histoire des forces en questions :
http://www.jeuneafrique.com/Article_ARTJAWEB20130930190600_tunisie-mouammar-kaddafi-zine-el-abidine-ben-ali-habib-bourguibaforces-armees-tunisiennes-1e-partie-l-heritage.html
Le prochain portera sur les forces armées tunisiennes face au terrorisme islamiste (handicaps, nécessité de l'approche globale...). Pour mémoire, un des aspects particuliers (l'armée tunisienne face aux engins explosifs improvisés - EEI) de cette problématique a déjà été abordé ici : 
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130822172519/terrorisme-armee-tunisienne-laurent-touchard-blog-defensel-armee-tunisienne-face-aux-engins-explosifs-improvises-des-jihadistes.html

D'autre part, il propose une base de données sur les forces armées tunisiennes (ci-dessous, format pdf), depuis leur création jusqu'à aujourd'hui. Celle-ci inclut l'inventaire détaillé des matériels ainsi que l'organisation des forces. Evidemment, il ne s'agit pas de copiés/collés, mais de tout un travail de recherche et de recoupements à partir de sources ouvertes. Selon les découvertes/informations futures, le document (pdf) sera réactualisé. A noter que la-dite base de données est plutôt "abrupte", à réserver aux passionnés (pinailleurs !), aux wargameurs...

Les pages 1 à 27 concernent l'armement, y compris l'armement léger ; l'organisation est traitée à partir de la page 28, avec notamment du texte sur la genèse des forces armées tunisiennes : de l'armée française à l'armée nationale, la difficulté pour Bourguiba de touver des armes, le coup de bluff égyptien...

Bonne lecture !

Pour récupérer le document directement :
Base de données sur les forces armées tunisiennes