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vendredi 1 février 2013

Revue de détails : OPERATION SERVAL - LES FORCES FRANCAISES (au 31 janvier 2013)






ARMEE DE TERRE

ORDRE DE BATAILLE DE LA BRIGADE SERVAL AU 31 JANVIER 2013

Groupement de forces spéciales

P4 PATSAS de la 3ème Compagnie du 1er Régiment Parachutiste d'Infanterie de Marine (1er RPIMa) avec une mitrailleuse M2HB de 12,7 m/m comme armement principal, aussi efficace que la mitrailleuse de même calibre DShKM qui équipe de nombreux 4x4 des islamistes, et une mitrailleuse ANF1 de 7,62 m/m comme arme secondaire ; remarquons, à l'avant du véhicule, le montage destiné à couper d'éventuels câbles ou cordes tendus en travers des pistes et des routes, notons aussi les impedimenta indispensables aux patrouille de longue durée et aux raids : carburant, munitions et bien entendu, de nombreuses bouteilles d'eau




COMMENTAIRES SUR LE DISPOSITIF TERRESTRE FRANCAIS

Organisation générale de la Brigade Serval

A la date du 31 janvier, d'après les informations disponibles et avec quelques prudentes extrapolations, la Brigade Serval apparaît s'organiser comme suit :
  • Etat-major opératif ; avec au moins une centaine d'hommes à Dakar et Bamako
  • Groupement des Forces Spéciales (GFS) ; avec des éléments du 4ème RHFS, du 1er RPIMa, des Commandos Marine et probablement du 13ème RDP ; regroupe au moins 200 hommes
  • Groupe aéromobile (GAM) ; avec les éléments du 1er et du 5ème RHC, ainsi que des éléments du GCM de la 27ème BIM, attachés à l'unité
  • Groupement Tactique Interarmes aéroporté (?)
    - 1 équipe du GCP du 2ème REP
    - 2ème Compagnie du 2ème REP
    - 1 compagnie du 1er RCP
  • Groupement Tactique Interarmes 21ème RIMa (GTIA 21) avec :
    - CCS du 2ème RIMa (?)
    - 1 peloton du 1er REC
    - 1re Compagnie du 2ème RIMa
    - Eléments de la 3ème Compagnie du 2ème RIMa
    - 1 compagnie du 21ème RIMa
    - 1 section du 3ème RAMa ( ? ; avec mortiers de 120)
  • Groupement Tactique Interarmes 92ème RI (GTIA 92) ; avec :
    - 1 sous-groupement tactique interarmes du 1er RIMa (S/GTIA 1er RIMa) avec au moins 1 escadron blindé du 1er RIMa, ainsi que des éléments de l'EAE de la même unité
    - 1 sous-groupement tactique du 92ème RI (S/GTIA 92ème RI) avec 2 compagnies d'infanterie mécanisée
    - 1 compagnie du 126ème RI (?)
    - Eléments du 68ème RAA, dont une batterie (?)
  • Bataillon logistique (BATLOG) avec :
    - 1 escadron renforcé du 511ème RT
    - 1 escadron du 515ème RT
Bien entendu, la présentation de la structure de la Brigade sera corrigée et mise à jour au fil des « Revue  de détails »-points de situation sur le sujet.

Equipe du Groupement Commando Montagne (GCM) ; ils constituent les commandos embarqués à bord des hélicoptères du Groupe Aéromobile, chargés de mener des missions de recherche et de sauvetage, et au besoin, de tenir lieu d'élément d'intervention léger héliporté ; le second GCM en partant de la droite porte un FAMAS félinisé

Au total, nous comptons donc :
  • Plusieurs unités de forces spéciales (donner leur équivalent en compagnies n'aurait pas de sens)
  • L'équivalent de deux ou trois escadrons d'hélicoptères d'attaque et de transport d'assaut
  • Approximativement l'équivalent de quatre escadrons de cavalerie blindée
  • Au moins 2 compagnies parachutistes
  • L'équivalent de 5 ou 6 compagnies d'infanterie motorisée
  • 2 compagnies d'infanterie mécanisée
  • 2 ou 3 batteries d'artillerie (mortiers de 120 m/m et Caesar)
  • Un peu plus de 3 compagnies du génie (17ème RGP compris)
  • L'équivalent de 2 ou 3 escadrons du train
Les différentes unités permettent de constituer entre trois et quatre GTIA à dominante infanterie avec de deux à quatre compagnies d'infanterie, un escadron blindé et une batterie d'artillerie (Caesar ou mortiers) et un groupe aéroporté avec au moins deux compagnies parachutistes.


Des forces équilibrées pour mener des missions de combat...

AMX10RCR du 1er RPIMa débarqué du BPC Dixmude à Dakar ; le blindé dispose de surblindages qui augmentent sa protection contre les projectiles de 14,5 m/m et de 23 m/m ainsi que, dans une certaine mesure, contre les roquettes de RPG-7

L'ensemble est équilibré pour des combats se déroulant en zone désertique, avec des fonctions de manœuvre et de feu, voire, de choc, assurées par les unités de la cavalerie blindée. En ce qui concerne le « choc », il convient de rappeler que les AMX10RCR et les ERC90 Sagaie ne sont pas des « chars » contrairement à la sempiternelle – mais erronée – désignation journalistique. Avec leur canon, respectivement de 105 m/m et 90 m/m, ils peuvent certes prendre à partie d'autres blindés, voire des chars de la génération des T-55, T-62 et T-72 de début de série. Toutefois, la faiblesse de leur blindage les rend extrêmement vulnérables aux lance-roquettes antichars (un peu moins pour les versions revalorisés des AMX10RC), aux canons sans recul, voire, pour les ERC90, également vulnérables aux mitrailleuses lourdes de 14,5 m/m. La meilleure protection des AMX10RCR et des ERC90 réside donc dans leur vitesse, leur agilité, et, pour les ERC90, dans leur petite taille qui en fait des cibles plus difficiles à acquérir.

ERC90 Sagaie ; selon la rumeur, les unités de la Brigade Serval laisseraient au Mali une partie de leur matériel roulant, donné aux forces de Bamako ; si cela s'avère vrai, se posent alors deux questions. Tout d'abord, par quoi seraient remplacés, dans les formations françaises, les matériels susceptibles de rester sur place ? Ensuite, quelle serait la valeur de cette aide militaire, sachant que les Maliens sont à peine capables d'entretenir et d'utiliser correctement leur parc blindé ? De plus, si une telle décision était prise, elle n'arrangerait pas les problèmes de maintenance de l'armée malienne, qui devrait dès lors assurer le maintient en condition opérationnelle d'un inventaire hétéroclite, entre de vieux équipements d'origine soviétique et des véhicules français déjà bien usés...

Sauf exception imposée par les circonstances du combat, leur rôle n'est donc pas de « foncer » au milieu du dispositif ennemi en comptant sur la cuirasse pour se préserver des coups adverses. Le plus souvent, ces blindés sont appuient l'infanterie par leurs tirs, dans un délai beaucoup plus court qu'un pilonnage d'artillerie, de manière précise. En outre, tandis que l'infanterie fixe et progresse, que l'artillerie matraque, ils peuvent déborder l'adversaire, coupant ainsi sa retraite et facilitant sa destruction.

 VAB avec M2HB de 12,7 m/m et ERC90 Sagaie ; si ces véhicules ont, une fois de plus, prouvé leur efficacité sur un terrain où la rusticité est une qualité essentielle des matériels, il convient quand même de rappeler que contrairement aux assertions de la plupart des journalistes, les jihadistes ne disposaient pas d'armes lourdes "sophistiquées" : hormis quelques possibles missiles SA-7b, voire SA-14, leurs armes datent pour la plupart des années qui suivent la Seconde Guerre Mondiale ainsi que celles de la Guerre Froide ; canons sans-recul SPG9, DShK 1938/46, SGM, ZPU, RPG-7 sont certes redoutables, mais ils n'ont rien de sophistiqués ; de fait, la France pouvait engager AMX10RC, ERC90 et Sagaie. Mais qu'en aurait-il été si les jihadistes avaient été aussi bien équipés en armes libyennes que l'ont affirmé les médias ? Que se serait-il passé si les salafistes avaient opposé un grand nombre de canons sans-recul, voire des missiles antichars Milan ou AT-4 ? Nonobstant leur "loyauté", il est grand temps que l'EBRC remplace l'AMX10RC et l'ERC90, que le VBMR succède au VAB.

Grâce à ses VAB (Véhicules de l'Avant Blindé), l'infanterie est capable de mouvement stratégique (sur de longues distances, par la route), mais aussi, de manoeuvrer de concert avec les véhicules de l'ABC, là encore, avec un blindage qui ne protège que contre la « ferraille » du champ de bataille (éclats d'obus et projectiles de petit calibre). Le VBCI, désormais en cours de déploiement avec le 92ème Régiment d'Infanterie, est quant à lui mieux protégé, avec de surcroît un puissant armement : son canon automatique de 25 m/m, en mesure de traiter des cibles avec une grade précision, y compris de nuit.

Qu'il s'agisse d'AMX10RCR, d'ERC90, de VAB et plus encore de VBCI, un parti de Toyota, même avec des mitrailleuses de 14,5 m/m n'aurait quasiment aucune chance face aux blindés français, à condition qu'ils soient repérés à temps. La qualité des équipages français (notamment les capacités d'initiative et de réactivité des cadres), l'armement des véhicules (même pour les VAB, une mitrailleuse M2HB de 12,7 m/m) donnerait d'engager l'adversaire de beaucoup plus loin qu'il n'en serait capable, tout en manoeuvrant : deux critères essentiels de succès de la guerre dans le désert. S'ajouterait à cela la puissance de feu des missiles antichars Eryx et Milan 3 ainsi que celle des tirs indirects des Caesar et des mortiers lourds...

Au bilan, les unités de la brigade Serval sont structurées en un tout cohérent, polyvalent, et donc, capable de faire face à tout un spectre de menaces ou de contraintes inhérentes à la situation, en bénéficiant d'appuis et d'un soutien solide : du génie aux unités du train sur qui reposent la constance de l'approvisionnement, un bon tempo dans la conduite des opérations (tant par le déminage des itinéraire, la neutralisation d'éventuels IED, que par le ravitaillement en vivres, carburant, munitions, sans qui la meilleure armée du monde est immobilisée).

Camions GBC à Sévaré ; les unités du Train sont essentielles pour assurer le tempo des opérations ; si les unités de mêlée gagnent la bataille face à l'ennemi, l'arme du Train n'est pas épargnée lorsque ce dernier recourt aux tactiques de la guérilla, et en particulier aux embuscades et à l'usage des IED ; de fait, d'ici quelques semaines, il sera peut-être nécessaire de déployer des GBC ADR (à cabine blindée)

mais adaptées aux contraintes de la stabilisation ?

Toutefois, maintenant que les jihadistes ne privilégient plus l'affrontement dissymétrique et qu'ils reviendront assurément à une approche plus asymétrique dans les semaines ou les mois à venir, des carences ne manqueront pas d'apparaître : les moyens pour contrer les IED semblent, pour l'heure, insuffisants, alors que le risque augmentera au fil des semaines. A noter toutefois que la quantité d'obus, mines et bombes d'aviation non-explosées, qui entrent dans la fabrication des plus puissants des IED, est considérablement moindre qu'en Irak ou en Afghanistan. Néanmoins, la Libye en regorge, tandis que les mines « pullulent » au Tchad : des réseaux pourraient donc se développer, la porosité des frontières favorisant ce « commerce » à l'instar de celui des armes plus classiques.

Malgré leur obsolescence relative, les matériels engagés ont démontré leur efficacité ainsi que leur fiabilité mécanique dans cette campagne où la mobilité associée à la puissance de feu (notamment aérienne) et aux multiplicateurs de force (comme le renseignement), provoquant la désagrégation du « dispositif militaire » jihadiste : c'est indéniable. Mais si le potentiel armé, dissymétrique, des terroristes a bien été étrillé, en revanche, cela ne signifie pas la destruction totale et définitive des terroristes. Dans le cadre d'engagement mobiles, où l'on localise l'adversaire, où celui-ci n'a pas l'initiative, des véhicules tels que les P4 avec mitrailleuses ANF1 ou M2HB ont toute leur valeur, les camions du Train circulent quasi librement, il n'est pas nécessaire de surcharger les VAB et autres VBL de dispositifs anti-IED... L'ennemi fuit en étant dument poursuivi.

Cependant... Lorsque les jihadistes auront récupéré, il ne fera pas bon patrouiller en P4. Convenons-en, le Mali n'est pas l'Afghanistan. La comparaison journalistique à la mode est absurde : terrain, contexte géopolitique régional ne ressemblent en rien à celui du pays d'Asie Central. Pourtant, la possibilité de voir le nord du pays très vite redevenir une zone de friction avec la guérilla et le terrorisme islamistes, secondés par le banditisme des trafiquants divers, n'est pas à négliger ; laisser la suite de la gestion de la crise aux seules armées africaines ne seraient pas juste une erreur d'appréciation, mais surtout de l' « impéritie volontaire ».


Prospective sur la durée de la présence française

Outre les réformes qui s'imposent dans le pays, sur le plan militaire, l'armée française devra rester bien davantage que quelques mois, et pas uniquement avec des forces spéciales. Le dispositif devra alors s'adapter pour la longue étape de la stabilisation. Comme il est indiqué dans la Doctrine d'emploi des forces terrestres en stabilisation, de 2006 : « La stabilisation nécessite temps et continuité ». La nécessité politique, notamment face à la pression croissante de l'opinion publique qui juge sous le prisme déformant des médias, de ne vouloir que des opérations de courte durée ne change rien à la réalité du terrain : si l'armée française quitte trop rapidement le Mali, tout pourrait être à refaire d'ici quelques années et nous pourrions payer, par des attentats en métropole, un retrait hâtif.

La phase d'intervention touche à sa fin. Commence cette fameuse phase de stabilisation, dont l'issue est beaucoup moins certaine. Veillons à la mener à terme, avec tout ce qu'elle implique tant politiquement (résolution du problème touareg par une véritable autonomie) que militairement. Ne rentrons pas précipitamment dans une phase de normalisation qui n'en serait pas une, mais qui serait décrétée comme telle pour échapper à une responsabilité qui nous échoit depuis le jour où ont été tirés les premiers missiles HOT sur les Toyota des islamistes. Cette responsabilité ne sera pas simplement assumée en donnant ERC90 et VAB aux forces maliennes. Les enjeux électoraux nationaux ne doivent pas (et ne devraient pas) présider aux décisions dont les conséquences surviendront inévitablement. Or, le Mali est un « nid » à conséquences...


RECAPITULATIF DES MATERIEL ENGAGES AU 31 JANVIER 2013

Officier et sous-officier du 21ème RIMa, à Diabali en compagnie d'un officier malien, devant le cratère provoqué par une bombe française ; à noter que les militaires du 21ème RIMa sont armés de FAMAS félinisé

Reconnaissance et combat : au moins 19 AMX10RCR, au moins 15 ERC90 Sagaie
Reconnaissance :
  • Blindés : une quarantaine de VBL M2HB et ANF1
  • Véhicules légers armés : P4 PATSAS, VPS, VLRA
Véhicules blindés :
  • Transport de troupes : au moins 93 VAB, quelques Aravis VBHP
  • Combat d'infanterie : 3 VAB T20/13, quelques (rares) VAB-TOP, au moins 32 VBCI
Véhicules non-blindés :
  • Légers : P4
  • Moyens et lourds : GBC 180, TRM 2000, TRM 10000
Engins du génie :
  • Déminage : probablement des Buffalo et peut-être des SOUVIM 2
Artillerie :
  • Automotrice :
    155 m/m : 8 Caesar
  • Mortiers :
    120 m/m : de 8 à 12 MO 120 mm RTF1
Armement antichar :
  • Missiles : au moins 16 postes de tir Milan 3, au moins 4 VBL Milan, au moins 48 postes de tir Eryx
  • Lance-roquettes : AT4CS
Armement léger :
  • Fusils d'assaut : FAMAS F1 (dont beaucoup revalorisés avec des lunettes JX4 F1 d'aide à la visée), FAMAS félinisé, HK416 (pour les éléments des CPA, ainsi que ceux du 1er RPIMa et du 13ème RDP)
  • Fusils de précision : FRF2 et HK417
Armement collectif :
  • Mitrailleuses légères : Minimi
  • Mortiers :
    51 m/m : LGI
    81 m/m : au moins 16 LLR F1
Hélicoptères : une quinzaine de voilures tournantes du 5ème RHC (SA342M Gazelle de reconnaissance et d'attaque, EC665 Tigre, SA-330Ba Puma, auxquels 'ajoutent :
  • Hélicoptères de combat : 4 SA342M Gazelle Viviane HOT
  • Hélicoptères d'assaut : 4 SA330Ba Puma
COMMENTAIRE SUR LES MATERIELS

Arme blindée cavalerie et véhicules légers

Le peloton blindé du 1er Régiment Etranger de Cavalerie (1er REC) utilise des ERC90 Sagaie, alors que le régiment opère le plus souvent sur AMX10RCR. Une raison à cela : les équipages du 1er REC sont formés aussi bien sur AMX10RCR que sur Sagaie.

Autre constatation : outre les P4 PATSAS du 1er RPIMa, les éléments envoyées au Mali semblent aligner un nombre de P4 supérieur à la dotation théorique pour une unité de taille équivalente. Les jihadistes disposaient d'une multitude de 4x4, de même que les forces maliennes. Le véhicule tout terrain est, dans la région, une véritable bête de somme ; de fait, que les régiments affectent des P4 de leurs différentes composantes aux unités qui se déploient n'a rien détonnant. Sur place, les véhicules légers de Renault, armés d'une mitrailleuse ANF1 de 7,62 m/m, peuvent servir pour le commandement, les missions de liaison, voire de reconnaissance.


Armement léger

Sur plusieurs photographies figurent des militaires français (notamment GCM et 21ème RIMa) avec des FAMAS félinisés, à savoir, modifié dans le but d'être intégré au système de combat d'infanterie FELIN  (Fantassin à Equipement et Liaison Intégré). Toutefois, sur les images en question, la lunette de tir spéciale n'apparaît pas montée sur le rail PICATINY qui remplace la PGMP (Poignée Garde-Main Polyvalente). S'ajoute la présence de HK416 pour les membres des forces spéciales, ainsi que de fusils de précision HK417, tant dans les unités d'infanterie que dans celles de forces spéciales, même si, au sein des premières, le FRF2 est toujours là.

Caesar opéré par le 3ème RAMa en Afghanistan

L'artillerie

En plus des drones légers DRAC du 68ème Régiment d'Artillerie d'Afrique (68ème RAA) qui augmenteront les capacités de reconnaissance tactique du SGTIA 92, la Brigade Serval bénéficiera des feux des mortiers F1 de 120 m/m ainsi que des automoteurs d'artillerie de 155 m/m Caesar. Relativement peu encombrant, les mortiers de 120 m/m appartenaient, quelques années plus tôt, aux sections de mortiers lourds des régiments d'infanterie, aujourd'hui dissoutes, les mortiers étant alors attribués à l'artillerie en double dotation. Leur létalité et leur portée maximale de 13 000 en font des armes d'appui convenables, même si le Caesar avec sa pièce de 155 m/m les supplante : grande précision des tirs jusqu'à une portée maximale de 40 000 mètres, temps de mise en batterie très court (de une à trois minutes).

VBHP Aravis en Afghanistan

Le génie

Le déploiement actuel (ou à venir rapidement) de moyens dédiés à la neutralisation des IED et autres mines témoigne du changement en cours, de l'intervention à proprement parler à la phase de stabilisation. Durant celle-ci, les jihadistes sont susceptibles de se réorganiser et, comme expliquer plus haut, ils pourraient s'évertuer à "jouer" la contre-mobilité avec des engins explosifs, rendant tout déplacement sur le territoire malien des plus risqués, si ce n'est, dangereux, même pour les civils. La présence de matériels adaptés aux ouvertures d'itinéraires et à la protection des convois s'impose donc. Cependant, au regard de l'immensité du pays et de l'importance stratégique que prendront les routes qui relient les principales grandes villes - amenées à redevenir d'importantes garnisons -, les véhicules du génie engagés au Mali dans l'immédiat pourraient ne plus suffire à terme...


ARMEE DE l'AIR ET AERONAVALE (Marine Nationale)

ORDRE DE BATAILLE

Forces spéciales


Forces aériennes : chasse et bombardement, reconnaissance et soutien 

Rafale C avec bombes à guidage laser GBU-12


COMMENTAIRES SUR LE DISPOSITIF AERIEN

Utilisation des Atlantique ATL-2

Descendant de l'Atlantic ATL-1, l'Atlantique ATL-2 doit sa désignation à François Mitterrand : lors du lancement du programme de l'Atlantic 2, le Président français estima que le nom était trop connoté "anglo-saxon" et de fait, l'Atlantic 2 devint l'Atlantique 2 ; excellent appareil de lutte anti-sous-marine et de patrouille maritime, l'ATL-2 rend également d'inestimable service - et il ne s'agit pas de la première fois - dans le domaine du renseignement, de la reconnaissance et de la surveillance
Initialement, un seul appareil était basé à Dakar et un autre à Djibouti. Avec l'intervention française, l'aéronavale est montée en puissance en quelques jours, détachant des appareils des Flotilles 21 et 23. Destiné à la lutte anti-sous-marine et aux patrouilles maritimes, l'ATL-2 est donc adapté aux longues heures de vol au-dessus du désert, tandis que ses équipements de surveillance en font une plate-forme de capteurs, également capable de collecter du renseignement (ROEM). En outre, les ATL-2 ont effectué des missions offensives, avec le tir de bombes à guidage laser GBU-12

Les chasseurs-bombardiers à Bamako

Les deux Mirage F1CR basés sur l'aéroport de Bamako-Sénou ont été remplacés par quatre Mirage 2000D ; cela permet d'une part de gagner de la place à N'djamena, et d'autre part, de disposer d'une force de frappe aérienne convaincante - davantage que celle que constituait les Mirage F1CR - même si les Mirage 2000D souffrent de carences bien mises en évidence en Afghanistan : notamment charge offensive insuffisante et absence de canon. Depuis Sénou, les Mirage 2000D sont beaucoup plus proches d'éventuelles cibles, en mesure d'entrer en action beaucoup plus rapidement que lorsqu'ils étaient à N'djamena. Et cela représente autant de carburant économisé... Quant aux Mirage F1CR, ils sont retournés sur l'aéroport de la capitale tchadienne.


RECAPITULATIF DES AVIONS ENGAGES AU 30 JANVIER 2013
Chasseurs-bombardiers : 4 Rafale B et 2 Rafale C, 6 Mirage 2000D
Attaque et reconnaissance : 2 Mirage F1CR
Reconnaissance, renseignement et surveillance : 5 Atlantique ATL-2
Ravitaillement en vol : 5 C135FR


Laurent Touchard